Aorlhac
Album • 2021
Flamme et ténèbre, issant des fonds océaniques Le volcan dont la cendre a formé le Cantal A décoché des blocs de soufre et de métal Aux astres, s’épuisait en efforts titaniques. Le troupeau sidéral, indocile aux paniques, Le narguait des hauteurs de l’infini natal. Or, un soir, les méfaits d’un ouragan brutal Décuplèrent l’élan des forces volcaniques. Un vent sauvage ayant soulevé jusqu’au ciel L’eau de la mer, noya d’un flot torrentiel Le volcan furieux, pénétré jusqu’aux moelles ; Et la foudre ébrécha son cratère béant. Mais lui, tordant soudain sa gueule de géant Cracha la lune énorme en insulte aux étoiles.
Submitted by Sexy Gargoyle — Apr 26, 2025
Flots de lait, vins de Limagne Beautés capiteuses et fertiles Qui coulent reines et rois En nos veines Flots de lait, vins de Limagne Contrent, mirifiques, les ennuis Qui coulent reines et rois Et nous font clamer: Salut à toi, Puy de Dôme! Salut à toi, Puy Mary! Les deux rois du vieux royaume Où notre peuple a fleuri! L'Auvergne a plaine et montagne, Doubles dons, Sancy, Cantal Flots de lait, vins de Limagne Là Gerbert, ici Pascal. Soyons fiers d'être nous-mêmes Méprisons les renégats Les coeurs mous et les fronts blêmes Soyons de francs auvergnats! Toute danse mijaurée, Efféminerait nos gars Ah ! Qu'ils dansent la bourrée, Sur de vieux airs montagnards! Ah, qu'ils dansent Sur notre metal! Croisée, cité, esprit Ode, aux vieilleries Auvergne, infinie C'est toi qui transpire Au travers de nos cris Auvergne, infinie C'est toi qui respire Au travers de nos vies! Reste dur, âpre et fécond, O peuple aux reins puissants Toi qui, pour sauver le monde Donnas hier ton meilleur sang L'Auvergne au coeur de la France, Est le fort sûr de durer Où contre toute espérance, Il faut toujours espérer Auvergnats, que la montagne A vus s'éloigner un jour Qu'en exil vous accompagne L'espérance du retour! Heureux qui près du village Possède un large terroir, Ou celui qu'un long voyage Y ramène vers le soir!
Submitted by johnmansley — Apr 26, 2025
Âpre cité du vent! Ce vagabond de la planèze désertique T’aime d’un vieil amour farouche et décevant, O guerrière qui meurt sur ton roc basaltique. Depuis les sombres soirs jusqu’au soleil levant, Il rôde aux carrefours, ton amant fantastique. N’entends-tu pas claquer, lorsqu’il va s’énervant, Aux angles de tes murs, son manteau frénétique? N’entends-tu pas sa voix brutale et ses sanglots Et sa plainte pareille à la plainte des flots? Ah ! C’est qu’il t’a connue au temps où tu fus belle. Et dans le plein orgueil de ton rude destin Lui qui ne vieillit pas, s’afflige à ton déclin; Le Vent pleure à jamais ta gloire, ô Citadelle! Puisqu’on l’oublie, eh bien ! Je la dirai, ta gloire, Sentinelle perdue, indomptable cité, Vingt sièges, cent assauts jalonnent ton histoire, Ce miracle d’auvergnate ténacité. Anglais sournois, routiers surgis par les nuits noires, Bandits, barons pillards, huguenots révoltés T’ont forgé, maille à maille, un collier de victoires, Non, pas une défaite, et pas de lâchetés! Ton air salubre était irrespirable aux traîtres. Tu gardais pur le sang des Celtes, tes ancêtres; Nul ne te prit jamais de force, que le vent! Comme un lac montagnard qu’emplit l’eau des orages, La coupe de tes murs débordait de courages, Je te salue, âpre Cité du Vent!
Submitted by Sexy Gargoyle — Apr 26, 2025
Nos hameaux désespérés, nos âmes aux mornes idées Sans fin, sans espoir, défilent mauvaises comme des larmes Nos vies découragées, nos cris caressent les vallées Sans écho, sans ennemi, défilent, glissent comme des lames La neige n’en finit plus d’étendre son drap éternel Recouvrant les lauzes, étouffant les vieilles pierres Elle dessine au creux de nos hivers sempiternels D’inlassables tristesses dans nos âmes en guerre Quand naissent les liminaires lueurs du jour, Le froid mord déjà les plaines et la chair Nos corps sans repos, souffrent d’un mal sourd Quand vient le soir, aux lueurs de quelques lampadaires Nos contrées si solitaires comme rayées de la carte Distantes, discrètes vies menées dans la misère Les sanglots au loin, surviennent et puis repartent L’hiver dure, brillant par son manque de lumière Et abat son amplitude sur notre morosité arverne Résister est une gageure dans cette ambiance délétère Même les plus hardis finissent par en devenir ternes A l’écart du monde où l'on oublie parfois le sens de la vie On cherche le maigre réconfort au creux du feu des maisons Les familles parfois rassemblées, se souviennent qu’ici Les allégresses soiffardes étouffent les peines pour la saison
Submitted by Dahmers Fridge — Apr 26, 2025
Un soleil maudit, agonisant Se fige, et de marbre nous laisse Seuls, démunis face aux plaines Qui s'endorment, d'une quiétude blême Au coeur d'hivers longs comme la mort Dont seul le Cantal sait les secrets Forçant les hommes Au long retrait Forçant les âmes, A l'éternel respect Lorsque nos oraisons se taisent Que la raison, amoindrie, s'endort Que les flavescences s'abrègent Laissant toute vie, en sommeil Cette terre si réconfortante, Fertile, glorieuse d'antan Se pare de son drap d'horreur Sans compromis, d'une force polaire Alors naissent les noires pensées, Nos âmes laissées aux mornes idées Elles qui fleurissent, légions maudites Et crèvent nos esprits, sans pitié Lorsque les flacons sont vides Et les esprits, vifs, torrides L'espoir renaît puis s'évapore Et à nouveau, le morne matin Revient sonner son éternel refrain J'ai vu ! Une Terre Vierge de toute trace Etouffer nos misérables palabres Les pleurs, la honte, la perte, Fertiles tant de fois Comme une semence à la glèbe Toutes, tous désormais figés Dans d'insensibles écrins de glace Offrant à tout jamais une terrible, Mais splendide grâce
Submitted by The Void — Apr 26, 2025
This track is instrumental.
Aymérigot Marchès, tout droit sorti Du noble chasteau de Beaudéduit Abandonnant ses possessions, en faisant fi Au crochet de Jean le Bon, compagnon quoi qu’indécis. Issu de noble maison, loin des hères délabrés Défiant de par son arrogance, les preux chevaliers Cruel mercenaire à la tête d’une bande de routiers, Traversant la France, en d’affreuses et amples percées Dévastant autant que possible la Haute Auvergne En ses plus majestueux fiefs, imposant son règne. Douleurs immenses, les paysages brumeux, saignent Etranges folies, que tous du royaume, craignent Plus tard, introduit au Duc de Lancastre, Au-devant de lui, pillant, rasant, il encastre Montsalvy, Carlat villages devenus désastres Ceux percés de son fer, dansent avec les astres Toujours plus féroce, au contact d’aînés malfaisants Finira par s’armer pour son compte au fil du temps Rébellion et désobéissance, délogé contre argent Son déclin prochain, approchant sonnant et trébuchant Lorgnant de nouveau après moult pérégrinations, Vers les ruines de Charlus, où le guettent les espions Se croyant seigneur, affublé de toutes les tentations Fut pris au terme de quatre ans, repéré en son bastion Trouvant refuge chez le cousin Jean de Tournemire Le livrant au duc de Berry, contre écus l’envoie croupir Jugé au Châtelet de Paris, en de derniers râles expire Car c’est finalement décapité et démembré qu’il va finir
Submitted by Grave666 — Apr 26, 2025
Centaines d'hommes, révoltés Sédition enclenchée Guerre des esclops Guerre de vauriens Intendants, gens d'armes Entendent les profonds échos Qu'amènent les montagnes Les paysans colériques possédés Crachent leur âpre venin Sur les sales prépotents zélés Nervosités contre l'exacteur Curé tu seras gravement molesté Nervosités contre l'exacteur Car tu prêches de payer royauté Pour mieux nous creuser pauvreté Ici Virargues, là Beynac-en-Planèze 400 campagnards, poursuivis ou pendus Partout règne en maître la déconvenue Oradour, Fraissinet Mauriac, révoltées Nouvelles taxes sur les villes Haute Auvergne, Embourbée, Tour à tour, déchaînée Tour à tour, affligée Cens, sur les pieds fourchés Embrasée, la Haute-Auvergne Décimée, perdant pied Notre sol rude d'ordinaire, pourtant Nous lui sommes à l'accoutumée, résilients Mais jamais les exactions ne cessent Ne reste que l'effroi, la détresse Prouvons solidaires, unis comme des frères Restons soudés, fiers et bien courroucés Ils abdiqueront et notre agitation De peuple armé, qui se soulève Forcera l'ordre, au grand retrait! Mais dans les prés, gisent les vieux sabots De fiers paysans ayant laissé leur peau Mais dans les prés, gisent les vieux sabots Laissés là pour fuir à plus grande vitesse Sur le terrain de la lutte des tristesses
Submitted by Dahmers Fridge — Apr 26, 2025
Chaos rocheux, volcans unis dans un éternel sommeil, Quand nos yeux et nos esprits font face à tes merveilles Ces géants d’Auvergne, éreintés, érodés par les glaciers Ravivent nos cœurs, nourrissant d’incessants brasiers Entre tes horizons chancèlent les pieds de gentiane Leur robe jaune pâle, rendue nectar avant qu’elle ne fane Tes raides sentiers loin des nuisances et du béton D’un linceul d’errance, enveloppent nos pas vagabonds Supériorité vertigineuse, les splendeurs d’antan Forment en harmonie les amples chaînes du temps Aux confins de tes sombres arcanes, ta nature se découvre Et toutes tes énergies à nous, lentement, s’ouvrent Vivantes encore, sont les beautés de siècles distants Et à tes pieds, l’écho désespéré de nos cris déchirants Résonnent puis s’enfuient dans l’immensité Emportées par le vide, nos oraisons lacérées Quand les hommes s’embrasent en d’incessants charniers Les querelles du monde face à tes rocs ne font qu’échouer Les nuages par-delà tes sillons pleurent ou se retirent Indicibles contemplateurs, d’un règne à reconstruire.
Submitted by Infernal Flame — Apr 26, 2025
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