Paysages polaires
L'âme du grand duc a déchiré la peau des nuits S'est enfoncée dans la forêt de ses entrailles A trouvé la nvière que l'on dit immortelle A déposé ses plumes en offrande au coeur De ses serres a écrit sur les eaux Que nulle migration ne finira en sacrifice Dans la toundra le sol tremble Et les ifs poussent au-delà du pôle L'eau a saigné Les troupeaux vont revenir Le Grand-duc a réveillé Les idoles antiques Dans le froid indigène temple arctique fissuré Les lichens millénaires tresses par la brunante Murmurent un feu secret dans chacun des rochers Le soleil est revenu du grand exil
Submitted by Nargaroth — Jun 05, 2026
Quand les étoiles endeuillés Peindront l'éther d'ifs écarlates Les cerfs sauront par leurs bois Le retour du vent Retiendront leur souffle, froid coma des âges Dans le blizzard et le nordet A risquer nos noms et notre sang Les dievaux repoussent la nuit Sacrifier à l'hiver Le néant au coeur, l'esprit en cavale Dans ces dédales d'outre-tombe Seul pour écouter les songes crever S'abandonner à l'étreinte des carcasses Migration interdite Une forêt de sans-abris Notre pays inachevé
Submitted by Nargaroth — Jun 05, 2026
Le firmament arctique étoile sa coupole Le vent glacé des nuits halène irrégulier Et fait étinceler tous les astres du Pôle Le Cygne crucial, la Chèvre, le Bèlier.. Rideau de gaze en sa transparence hyaline Les écharpes de l'air flottent dans les lointains Comme un disque argenté, la Lune cristalline Plonge dans l'Océan ses deux grands yeux éteints Telle que nous la montre, étrange architecture De neige et de glaçons etagés par degrés Sur la page de pulpe ou sur la couverture Le dessin suggestif des livres illustrés Géante elle apparaít, manoir ou cathédrale La banquise polaire avec grottes à jour Comme un magique écran de darté sepulcrale Où l'on voit s'eriger les créneaux d'une tour Elle a porsche sur mer à sa vaste muraille Avec des escaliers de larges monceaux vifs Où nul pas ne se pose et que la lame taille Et qui sont, emergés, de somptueux récifs Édifice branlant d'assises colossales Aux colonnes d'azur, aux piliers anguleux J'y vois des corridors et de profondes salles Où pendent par milliers cristaux et lustres bleus Trésors inexplorés de fausses pierreries Aiguilles et joyaux, metal immaculé Parmi leur amas dair les marines féeries Jadis ont déposé la coupe de Thulé
Submitted by Nargaroth — Jun 05, 2026
Là, bien loin, au-delà des étoiles polaires Se dresse l'enfer froid des hauts caps convulsifs Et je crois voir les flottilles crépusculaires Errantes sur le globe aux âges primitifs Monts à pic titubant sur une mer étale Cascades d'argent pur dont le saut fait un lac Dolmens bruts avec leurs tables horizontales Menhirs et tumuli, vastes champs de Carnac Par bandes les ours blancs seront expiatoires; L'écume aux dents, lascifs, ils bailleront d'ennui Tandis qu'à l'horizon, au ras des promontoires Brillera, globe d'or, le soleil de minuit
Submitted by Nargaroth — Jun 05, 2026
Les fiers Aventuriers, captifs de la banquise En leurs tombeaux de glace à jamais exilés Avaient rêvé que leur gloire s'immortalise: Le Pôle comme un Sphinx demeure inviolé Sur une íle neigeuse, avouant la défaite Et l'amertume au coeur, sans vivres, sans espoir Ils gravèrent leurs noms, homicide conquête Et tristes, résignés, moururent dans le soir Les voiles luxueux d'aurores magnétiques Déroulant sur le gouffre immense du Chaos Les franges de couleurs aux édairs prismatiques Ont enchanté la fin tragique des Héros Leur sang se congela, plus de feux dans les tentes... En un songe livide ont-ils revu là-bas Par delà la mer sourde et les glaces flottantes Le clocher du village où l'on sonne les glas Et, regrets superflus germés dans les Érèbes La voie ensoleillée au pan du toit natal Le murat, à l'été fertile, de la glèbe Avec le cendrier l'âtre familial?
Submitted by Nargaroth — Jun 05, 2026
Hélas je me noierai dans les remous de l'avalanche Perdu point ne serai, car les montagnes connaissent mon nom Enfin, la nuit tombe, je me réveillerai d'entre les morts Le feu des constellations à la main, je prendrai la route des ours Mon sang, d'univers carencé, déjà retrouve sa foudre d'antan Béni par les édats de voie lactée, mais jamais plus je ne dormirai Neiges, miroir des astres, dans la forêt devenez poème Car seul, les temps durs arrivés, je ne pourrai contenir le ravage
Submitted by Nargaroth — Jun 05, 2026
Dans la poudre des âges, un fléau conspire Longue nuit d'assassinat sur la plaine Alors que livrés aux intempéries, les faucons se déchirent Blanche cavalerie de golems infects L'enfant dans les limbes entend le secret Mirages nés du sang, bannis vers le nord Portant l'épée du calvaire qui défait la musique Les renards se fraient un chemin dans les astres Chante bergère, cet hiver t'appartient L'enfant dans les limbes entend le secret
Submitted by Nargaroth — Jun 05, 2026