Eros Necropsique
Album • 1997
This track is instrumental.
Semblable à la divine charogne de Baudelaire Dont la vie n'est qu'un souffle de larves gluantes, La grande cité nourrit en ses entrailles fumantes Les enfants parasites qui animent sa chair. Au milieu de la ville le peuple se trémousse, Enivré par l'appel d'une nature reniée. Dans les coins dérobés, haletant l'on se trousse : Les effluves dionysiaques nous poussent à communier. La candeur virginale s'évanouit en silence Sous la poussée puissante des vits turgescents. Le règne est annoncé des tissus tumescents. Plantés - Ô mâts glorieux ! - dans des puits d'innocence. La sueur est un nectar que l'on boit aux aisselles Et le sang un joyau du cycle féminin Que l'on lape en tremblant au bénitier païen Dont le fumet sauvage de l'urine ensorcelle. Mais c'est aux excréments qu'il nous faut rendre honneur : " Dégustez donc ma mie cet étron merveilleux. " Et la tendre compagne se noie dans le bonheur : La transsubstantiation lui a offert son dieu. La ville est devenue une alcôve gigantesque Où les chairs détrempées embouchent les phallus, Ouvrant le carnaval d'un rite cannibalesque Où le poison vénal rend hommage à Vénus. Mais au petit matin la grande orgie s'achève Et la honte s'installe - ce doit être un secret - Le rose aux joues les femmes, dans un geste discret, Essuient du bout des doigts les coulures de la sève...
Submitted by Grave666 — Apr 26, 2025
Mon coeur est un tambour qui rythme mes absences, Mes évasions nocturnes au temple de l'éthyle ; Et son timbre envoûtant invite ma conscience A s'auto-décharner dans une danse immobile Je suis bien las de jouer au piano de mon âme, Ce piano lourd et froid que l'ennui désaccorde ; De faire vibrer encore à l'unisson les cordes Sensorielles de mon être que le tambour enflamme. Si mon âme est piano, mon corps est violoncelle Et l'archet de métal ouvre la symphonie, Soufflant la mélodie dernière qui sera celle Du grand vacarme du silence de l'agonie. Sous le fil de la lame l'artère devenue hydre Expulse à gros bouillons ses pituites de sang. Sur le carreau glacé, peu à peu faiblissant, Je me métamorphose en lugubre clepsydre.
Submitted by Morgoth — Apr 26, 2025
This track is instrumental.
Petite perle anonyme Frémissante de vie Lovée dans la tiédeur D'un ventre féminin, Fille issue de l'intime, Fils né de l'envie, Innocent voyageur, Tu ne demandais rien. Mais l'on t'a fait surgir Du silence éternel En te faisant captif De l'intra-utérin, Du confort révulsif D'une enveloppe charnelle Promise à devenir Charogne au lendemain. Nostalgie du néant Et fantasque intuition T'ont conduit au refus De la vie - du grand mal. Attiré par le " Non ! " L'embryon que tu fus S'enfuit en un sanglant Suicide ombilical. Ô mon défunt foetus, La charnelle transcendance Illusionna nos âmes D'amants nus et ravis. Enflammés par Vénus, Nous fîmes don de l'infâme : La mort et la souffrance Qui sont filles de la vie.
Submitted by Celtic Frost — Apr 26, 2025
P eut-être un jour viendra où tu verras l'enfant A uréolé de honte, le pardon implorant ; R avissant le divin d'un sourire étoilé D ont la frêle caresse enchante les amants. O r l'ondée de joyaux qui suinte des paupières N oie le plus pur amour dans un désir amer.
Submitted by Celtic Frost — Apr 26, 2025
Le portail de fonte Se dresse majestueux, Veillant, tel un archonte, Sur ce paisible lieu. Le silence ici pose, Sur le marbre luisant, Une porte de sang Qui est à jamais close. Errant en mal d'horreur, Las, je traîne mon corps, Humain cerné de fleurs, Vivant, cerné de mort. Je me meus mon ami Sur ce drap de gravier, Dans cet endroit maudit Où suinte le sacré. Parmi les sépultures, Je recherche le havre Où guérit ta blessure, Où pourrit ton cadavre. Je me prosterne en pleurs Devant un petit tas De terre et de gravats, Symbole de douleur. " Dans le ciel il repose ! " M 'ont dit les hommes en robes, Ces malheureux microbes Qui font ?uvre de prose. Ces hommes veulent me faire croire Qu'il y a autre chose, Que tout est beau et rose Au bout du long couloir. Je ferme les poings et cogne La terre de ton abri, Toi, mon défunt ami, Sperme devenu charogne. Pour toi tout est fini Et pour moi tout commence En mon âme meurtrie, Condamnée à l'errance. Je goûte la souffrance Que m'inflige à jamais Mon enfance envolée Dans l'ombre de l'absence. Ayant perdu ta main, Je pousse mon fardeau, Affrontant le chaos, Sisyphe du chagrin.
Submitted by Morgoth — Apr 26, 2025
Que défaillent tous ceux Qui ne pourront point ouïr Ces paroles de sagesse De l'Eros Necropsique. Qu'ils périssent par le feu, Ceux qui refusent de jouir Et répandent dans leurs messes Leurs sermons oniriques. Qu'ils viennent avec leurs croix Et toute leur fantaisie Combattre la chaleur Qui gonfle nos poitrines. Le blasphème est un choix, Nous prônons l'hérésie Et clamons le bonheur Du sacrilège intime. Nous nous faisons porteurs De la nouvelle parole. Avancez mes amis Dans ce temple hédoniste. Ici aucun saigneur Ne quémande son obole, Ni ne condamne le fruit Des pratiques onanistes. Les dévots et leurs prêtres Se mettent à genoux Et s'en vont dévorer De leur dieu son enfant. Ici sans aucun maître Nous nous donnons à vous et vous disons : " Goûtez, Ceci est notre sang ! " A Marie je préfère La jolie Messaline, Je bois à son calice Le flot de la passion. Je dévore sa chair, Ruisselante de cyprine, Savourant les délices De la menstruation Assassinons ce soir Le grand inquisiteur Qui au nom de l'amour Tua les marginaux. Ne perdons pas espoir, L'homme en blanc aura peur. Que subisse le vautour La colère des corbeaux ! Si nous sortons vaincus Nous irons nous terrer Et dormirons cent ans Couchés dans nos cercueils ; Attendant la venue De nouveaux messagers Qui offriront leur sang Drapés de vieux linceuls.
Submitted by Grave666 — Apr 26, 2025
Le bruit sourd de mes pas Hante la pièce vide ; Je marche lentement Dans la demi - pénombre. Je suis seul ici - bas, Enfermé, cloisonné, N'ayant personne à qui, Confier mes états d'être ; La solitude aiguë Me rend à demi fou, M'exile dans un monde Où règne le chaos. Je pénètre en mon âme, Quand la névrose affleure, Et arrose la fleur De la noire harmonie Qui siège en mon cerveau, Qui règne dans mon crâne, Qui tire sa beauté Du néant de mon être. Me voici suspendu Au - dessus de l'abîme, Accroché à la rose, Les mains ensanglantées. Un pétale se fane, Bientôt suivi d'un autre, Et la rose se meurt ; Je suis précipité Dans le gouffre sans fond A la noirceur d'ébène, Dont les parois de chair Palpitent autour de moi. Je tombe et tombe encore, Goulûment aspiré, Caressé et léché, Par ce boyau vivant. Soudain je suis stoppé, le boyau se resserre, Doucement me comprime, Me broie et me disloque. Le sphincter se relâche Et me pousse au dehors, M'expulse, me défèque Dans la réalité. Un hurlement d'horreur Jaillit de mes entrailles ; Je contracte mon corps, Ecarquille les yeux . Je suis à nouveau seul, Dans la pièce exiguë, Toujours un peu plus seul, Toujours un peu plus fou. Je suis à nouveau seul, Dans la pièce exiguë, Je suis à nouveau seul, Je suis à nouveau seul ...
Submitted by Corpse Grinder — Apr 26, 2025
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