Amaurosis
Il suffit d’une absence D’un instant hors du temps Luxe pernicieux Et tombe le voile noir Sur des yeux si purs Où il y a peu encore Comme un torrent fou Le sang coulait à flots L’invisible s’ouvre Sur une infinie descente Quelle étrange sensation Quand on ne sent plus rien (Sous nos jambes qui courent) Passe une éternité Et l’oubli d’autrefois Seul a perduré Effacée la mémoire Qui se souviendra D’une illusion rêvée Le temps d’une seconde D’un éclat de lumière Et sans crier gare Dans un claquement de doigts Des milliers de pages Parties en fumées
Submitted by Iron_Wraith — Jun 13, 2026
Au loin, déjà, s’éloigne la silhouette envoûtante Des temps immémoriaux où régnait l’euphorie Naufragés malheureux sur des rives inconnues Légèreté perdue, nous reviendras-tu donc un jour? Errant dans les ruines du monde Les yeux humides levés au ciel Nous attendons un appel Un signal salvateur Passent les jours et puis les nuits La lumière peu à peu s’affadit Avant de s’évaporer Et nous n’y voyons plus Comment peut-on survivre à un feu si féroce Consumant notre esprit jusqu’à la dernière cendre Même le goût de l’air s’est rempli d’amertume Le fardeau des années aura-t-il raison de nos âmes?
Submitted by Iron_Wraith — Jun 13, 2026
Court sur l’étang une fine ondulation Qui grandit et grandit encore La peur au ventre, le sang en ébullition Il faut se sauver sur-le-champ Au-dessus de nos têtes Plane une ombre colossale Et le froid s’installe Le souffle court, à deux doigts du néant Nous repensons à ces jours innocents et lointains Sans dire un mot d’un signe nous comprenons La gravité de ce moment Par le silence nous essayons vainement De nous accrocher à la vie
Submitted by Iron_Wraith — Jun 13, 2026
Je sens le vent glisser le long de mon échine Tracer des mots, imprimés au fer invisible Changement de possession, je ne m’appartiens plus Une clameur folle descend du ciel pour m’emporter J’ai parfois envie de partir M’évanouir dans un cyclone A l’aune d’un avenir sombre Sombrer dans la nuit infinie Enfin je vole, nage dans les eaux de la mer blanche Silence d’or, que le mystère des nuages Dans un cocon de paix, je dors d’un sommeil nouveau La chute est lente mais le choc saura me réveiller
Submitted by Iron_Wraith — Jun 13, 2026
Le cœur est lourd de secrets Pulsations dissimulées Derrière une cage en diamant Impénétrable forteresse Est-il bon de connaître Les mystères dormant Dans les rouges profondeurs D’un furieux maelström Où si l’on y plongeait Ses flots impitoyables Nous noieraient Ô ignorance oubliée Douceur perdue d’un autre temps Reviens-nous je t’en conjure Extirpe nous dе ce cauchemar
Submitted by Iron_Wraith — Jun 13, 2026
Croissant de lune Haut dans le ciel bas Etoiles effacées De la carte céleste Je suis, confiant L’astre étincelant Conscient qu’un nuage Me mènerait à ma perte Un éclair puis mes yeux sont aveugles Et j’erre anxieux dans les ténèbres Je crie en attendant un écho La nuit rugit au-dessus de moi Ouvrant son étreinte abyssale Je crie pour une réponse dе l’écho Distance Terre-Lunе Quand le ciel est haut Des petits mètres On peut la toucher du doigt Mais cette nuit Peut-être la dernière L’ultime repère A été englouti
Submitted by Iron_Wraith — Jun 13, 2026
J’aimerais ne plus jamais avoir à fermer les yeux Ni me retrouver seul dans le noir Je ne suis plus maître de mes pensées quand je n’y vois plus J’ai peur de ne pas me réveiller Soleil et lune me brûlent et me glacent Leur si bel éclat parfois me torture L’inéluctable reflux quotidien S’abat sur moi sans miséricorde Vouloir partir sans destination Sans autre fin que l’oubli et le vide A la recherche d’un dernier espoir Auquel je pourrai me raccrocher De jours en jours la lumière m’écrase toujours un peu plus Quel voile pourra m’en protéger? Que fait-on quand on a oublié comment supporter La source qui nous offre la vie?
Submitted by Iron_Wraith — Jun 13, 2026